Plongée dans le quotidien des aînés du Centre national de gérontologie et gériatrie à Libreville
2 ans ago

| Résumé de l'article |
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Au Centre national de gérontologie et gériatrie de Libreville, l'accompagnement des seniors se fait au quotidien. Avec une capacité d'accueil de 40 places, ce centre s'emploie à offrir un suivi médical et social aux aînés, souvent confrontés à des problèmes d'abandon familial et de perte d'autonomie. Les résidents, qu'ils soient en séjour de courte ou longue durée, bénéficient de soins adéquats, de consultations médicales, et de soutien psychologique pour faire face à la dépression et à l'angoisse. Des histoires de vie poignantes, comme celle de Madeleine et Meviane, illustrent les défis et les adaptations nécessaires dans ce cadre de vie communautaire, où chacun retrouve un semblant de famille au sein de la structure.
Le Centre national de gérontologie et gériatrie de Melen, implanté à Libreville, est un lieu central pour le soutien des personnes âgées confrontées à divers défis de santé et d'autonomie. À travers cet article, nous dévoilons le quotidien de ces aînés, souvent victimes d’abandon familial et de maladies, ainsi que le travail acharné du personnel dévoué qui les accompagne. Chaque jour, les résidents de ce centre font face à des réalités variées, allant de l'engagement avec une nouvelle communauté à la lutte contre la solitude et la dépression. En donnant une voix à leurs récits de vie, nous espérons éclairer le public sur leurs besoins et leurs aspirations.
Un cadre dédié aux aînés
Le Centre national de gérontologie et gériatrie de Libreville a été créé pour répondre à la demande croissante d’un meilleur accompagnement social et médical pour les personnes âgées. Établi au sein de l’Hôpital Régional de Santé de Melen, le centre joue un rôle fondamental dans la reconnection des aînés avec des soins adaptés à leurs besoins spécifiques. Avec une capacité d'accueil de 40 places, le centre est composé de plusieurs installations conçues pour favoriser la santé et le bien-être des résidents. Ces installations incluent des salles de consultation, de psychothérapie, ainsi que des dortoirs où les pensionnaires peuvent vivre dans un environnement convivial et sécurisé.
Une population vieillissante
Selon les estimations, le Gabon compte environ 100 000 aînés, représentant plus de 4% de sa population totale. Cette proportion croissante souligne la nécessité d'une attention accrue envers cette tranche d'âge, souvent confrontée à des défis tels que l'isolement, l'abandon familial et la perte d'autonomie. Au CNGG, chaque résident représente une histoire, une vie; leur parcours est souvent marqué par des années de travail acharné, mais aussi par les tragédies d'une santé qui se dégrade avec l'âge.
Des récits de vie poignants
La vie au centre est marquée par des histoires tantôt touchantes, tantôt tragiques. Prenons l'exemple de Madeleine Makeshi, 68 ans, qui, après avoir été conduite au centre par son fils il y a dix ans, a appris à trouver sa place dans cette nouvelle communauté. Elle avoue ne jamais avoir imaginé devoir vivre dans une structure collective, mais par la force des choses, elle s'est adaptée. Malgré la distance géographique qui la sépare de sa famille, elle trouve du réconfort parmi ses nouveaux camarades.
Un autre témoignage émouvant est celui de Meviane, 67 ans, qui a été victime d'un accident de travail ayant entraîné une perte de vue. Abandonné par sa famille en 2016, il est le reflet d'une réalité alarmante. Sa situation nous rappelle que, même dans une culture où la solidarité est valorisée, certaines personnes âgées peuvent se retrouver seules, isolées dans leur souffrance.
La vie quotidienne au centre
Les journées au CNGG commencent tôt, généralement entre 5 et 6 heures du matin. Les résidents se rencontrent autour de la routine du nursing, où les soins corporels sont dispensés par les infirmières. Cette prise en charge est cruciale pour leur confort physique et leur morale. Elle permet d’établir un lien humain dans un environnement où, souvent, les relations familiales sont absentes. À 7 heures, le petit-déjeuner est servi, offrant une occasion de partager des moments de convivialité.
Malgré la gravité de leurs conditions, l’ambiance au centre est plutôt conviviale. Les résidents se soutiennent mutuellement, initiant des activités qui enlèvent un peu du poids de la solitude. Ce climat de camaraderie est encouragé par le personnel, qui met un point d'honneur à créer un environnement chaleureux et accueillant.
Un soutien psychologique essentiel
En plus des soins médicaux, le soutien psychologique est un aspect fondamental de la vie au CNGG. Les psychologues, tels que Christopher Boussiengui Mouanga, sont présents pour accompagner les résidents en détresse émotionnelle. Selon lui, les personnes âgées peuvent éprouver des sentiments de dévalorisation et d'angoisse, particulièrement dans un cadre où elles se sentent déconnectées de leur passé. Le rôle du psychologue est d'intervenir pour aider à apaiser ces sentiments, en offrant une oreille attentive et un soutien adapté.
Des activités pour briser la monotonie
Pour lutter contre l'isolement et la dépression, diverses activités sont organisées au CNGG. Ces activités sont conçues non seulement pour occuper les résidents, mais également pour favoriser les interactions sociales. Les ateliers de mémoire, les cours d'art ou de musique et les séances de thérapie de groupe sont quelques exemples des initiatives qui aident à renforcer les liens entre les résidents et à redonner un sens à leur journée.
Les activités physiques, même légères, sont également intégrées dans le programme quotidien. La pratique régulière d'exercices adaptatifs a non seulement des avantages sur le plan physique, mais elle joue également un rôle dans le maintien de l’humeur et du moral des résidents.
Les enjeux de l'abandon familial
L'abandon familial est une réalité préoccupante à laquelle sont confrontés de nombreux pensionnaires du CNGG. Tiré des témoignages des résidents, il en ressort que certaines personnes âgées se retrouvent dans le centre non pas par choix, mais parce qu’elles ont été laissées pour compte par des proches qui jugent inadéquat ou difficile de prendre soin d'elles. Ce phénomène soulève des questions profondes sur les valeurs familiales et la place des aînés dans la société gabonaise.
Une prise de conscience collective
Au-delà des soins apportés aux résidents, le CNGG travaille également à sensibiliser le public aux enjeux de la gérontologie et à l'importance de préserver la dignité des personnes âgées. La direction met en place des campagnes de sensibilisation visant à rappeler à la société son devoir envers ces aînés, qui ont consacré leur vie à construire et à soutenir leurs familles. L'espoir est de créer un changement dans la perception des séniors, afin qu'ils soient perçus comme des ressources et non comme des fardeaux.
Une attention médicale spécialisée
Face à la multitude de pathologies qui peuvent toucher les personnes âgées, le CNGG se dote d'une équipe pluridisciplinaire d'experts, comprenant des médecins, des infirmiers, et d'autres professionnels de santé qui travaillent ensemble pour offrir des soins adaptés. Cette approche permet de traiter efficacement les maladies tout en prenant en charge les besoins émotionnels et sociaux des pensionnaires.
L'importance d'une évaluation continue
Les professionnels du centre réalisent des évaluations régulières pour suivre l'évolution de la santé de chaque résident. Ce suivi est essentiel, car il permet d'ajuster les traitements en fonction des besoins individuels. Le personnel est aussi attentif aux signes de dépression ou d'anxiété, qui sont fréquents chez les personnes âgées, afin d'intervenir rapidement en cas de nécessité. Par ce suivi rigoureux, le CNGG espère offrir le meilleur cadre possible pour le bien-être des résidents.
Un avenir qui se construit malgré tout
Bien que les défis soient nombreux au Centre national de gérontologie et gériatrie, un avenir meilleur se trace à travers les efforts combinés des équipes de soins et des responsables du centre. La création et la mise en œuvre de stratégies innovantes visant à privilégier la qualité de vie des aînés ne sont pas seulement l’apanage du personnel médical. La communauté dans son ensemble doit participer à cette mission. L’avenir des aînés réside dans une meilleure reconnaissance de leurs contributions à la société et dans une volonté collective de les intégrer et de les protéger.
Par leur quotidien au CNGG, les aînés de Libreville illustrent la richesse mais aussi la difficulté de la vieillesse. À travers leurs luttes et leurs victoires quotidiennes, ils nous rappellent l'importance de la compassion, de l'écoute et du respect vis-à-vis de ceux qui ont tant à nous apprendre. Leur parcours représente un appel à une société plus inclusive, où chaque individu, quel que soit son âge, se voit offrir la dignité et le respect qui lui sont dus.

